PRESSE | ersatZtrip

L’ersatz en puissance

C’est l’histoire d’un Autrichien qui représente la danse contemporaine française dans un festival franco-allemand.. Du »jamais VU ! , pour le dire avec l’intitulé de cet échange. Mais Christian UBL à fait son parcours de chorégraphe en France, y inclus cet ErsatZtrip qui montre comment nous réduisons passage, transfert et rituel en ersatZ matériel.
Un tourbillon des envies humaines qui évoque le mystère du Nô, la fête des morts façon mexicaine, le corps porteur des fleurs du mal façon Halloween. Ubl interroge la traversée du miroir autant que le miroir aux alouettes, cette société du toujours plus avec ses modèles régressifs du mâle en puissance. Jouant avec le nu e la transgression, il s’amuse avec les styles et les genres, de la danse contact au Tanztheater, de l’agit-prop à la performance, du rituel au mime.
Malgré un soupçon d’hypertrophie, l’ensemble surprend, interpelle et passionne. Christian UBL bouillonne de trouvailles, entre apesanteur et ténèbres, rigueur et extase, objets clinquants et projections époustouflantes mais sobres. En somme, une sorte de latino à la rigueur germanique.
Thomas Hahn, DANSER Avril 07

Chair en déformation…

Avec cinq complices (danseurs, scénographe, chanteurs, sonorisateurs, vidéastes, tous mêlés sur le plateau), Christian Ubl présentait une succession d’expériences et de tentatives : l’entrée d’Action man et poupées de chair en déformation ou la « secte kitsch » sont plutôt réussies, le roman-photo / chemin de croix est plus fastidieux. Le spectateur abordait le processus créatif, souvent mystérieux, entrait dans la réflexion d’un artiste plongé dans une double culture avec, en l’occurrence, un terme « Ersatz », très négatif en français, et plutôt valorisant en langue allemande.
Denis Bonneville, La Marseillaise, 12 juin 2006

Question de danse, questions d’artistes

Christian Ubl est autrichien. Bien qu’ayant mené l’essentiel de son parcours en France, il conserve de cet ailleurs distance et acuité de regard sur son environnement professionnel. Artiste d’exception, d’intense humanité, il aborde la composition en interrogeant son état de danseur, et, ce faisant, explore en la disséquant la notion même d’interprète.
Aguerri aux écritures complexes et virtuoses, improvisateur aussi fin qu’audacieux, il dévoile dans les murs d’un Studio qui lui est familier sa première pièce de groupe, entouré d’artistes de domaines d’expression divers. Certains partagent avec lui, comme interprètes, de nombreuses autres collaborations ; les autres sont plasticiens, de l’espace, du son et de l’image.
Michel Keleminis, juin 2006

Un cube au Pavillon Noir

La pièce de Christian Ubl est une plongée dans l’univers de l’enfance. On les observe avec étonnement : les enfants peuvent jouer seul avec des figurines de plastique genre « Action Man » qui les transforment en super héros. Ensemble ils sacrifient pendant des heures à des rituels étranges dont ils semblent seuls connaître le sens, transformant les objets familiers en symboles ésotériques.
Avec le groupe CUBe, Ubl nous propose une première pièce collective parfois drôle, parfois inquiétante, foisonnante, comme savent le faire les enfants. Une maison de Barbie trône au centre du plateau, autel ou tabernacle de la parodie du monde. Il font d’horribles grimaces, arpentent l’espace sans but apparent, construisent peu a peu avec des objets familiers un tableau en forme de pierre de Rosette, celle qui a permis de déchiffrer les hiéroglyphes. Puis tout s’emballe, on se retrouve dans une boite de nuit kitch, Superman et Superwoman s’envolent devant vous, mais pas en vrai. Ubl interroge le faux semblant de nos univers de pacotille, avec brio.
Jean Barak, La Marseillaise, 6 décembre 2006

La beauté et la pertinence… 

Le collectif Cube occupe le cadre de scène avec une simplicité déconcertante. On marche, on grimace, on porte un masque, peint sur la peau. Des individus apportent des objets et construisent un totem. On entre dans un cérémonial, dans l’univers du souvenir : entre maintenant et l’adolescence. Des pulsions s’expriment par la vidéo, le chant, le sample. La danse devient un support, projetée sur un T shirt, acheminant des objets, une forme de rituel. Christian Ubl entrechoque les parcours et les assemble, à la limite du désordre.
On frôle le minimum du mouvement. La beauté et la pertinence d’ErsatZtrip, c’est ce côté indécis, là où l’ordre des choses peut changer.
Karim Grandi-Baupain, Ventilo, 21 juin 2006

Codes détournés…

« L’homme désire l’éternité, mais il ne peut avoir que son ersatz : l’instant de l’extase. » Cette pensée de Milan Kundera est le point de départ la création en danse de Christian Ubl. Il s’agit de considérer l’autre comme matière corps, comme sensation, comme énergie. Le travail de la scène traite de l’expression humaine qui remplace et se substitue à la réalité. (…) Sur scène, quatre corps danseurs et trois corps non danseurs se mêlent. Commence une succession de tableaux…
Comme un enfant, un homme joue avec son Action Man. Quatre danseurs se déplacent ensuite en tenant le même jouet en équilibre sur une main. Dans une ambiance musicale composée sur scène, ils deviennent guerriers, reptiles. Les danseurs se déplacent en lignes afin d’offrir des objets familiers et presque identiques à un squelette doré qui orchestre la scène. Chacun sort du mimétisme à son tour et se démarque. Par projection vidéo, un aimant repousse les danseurs. La deuxième partie est inattendue… Une incursion dans le monde de la nuit avec ses codes détournés et sa sexualité exacerbée.
Mathilde Chlon, Kesako magazine, décembre 2006

L’ersatz du corps des autres ?

Le cycle proposé par Michel Kelemenis prolonge et renouvelle les répétitions publiques habituellement organisées dans son studio. Il ne s’agit pas d’y présenter des oeuvres achevées, mais des travaux en cours (…). La pièce de Christian Ubl explore le rapport du corps réel avec des représentations anthropomorphiques : des petits soldats articulés, des robots, des images projetées sur des corps, des vêtements fétichisés, des photos, des objets personnels…
Le travail, inabouti, présente des moments d’une grande drôlerie, et interroge la représentation de la danse. Donner son corps en spectacle, le plier aux exigences d’un chorégraphe, à l’espace théâtral, aux désirs du public, n’équivaut-il pas à transformer le danseur en ersatz du corps des autres ? En simple support de fantasmes ? En substitut d’individu ?
Magazine César, juin 2006

L’essence d’une invention 

Analyste de sa propre expérience d’interprète, «un filtre au sein d’une représentation vivante», Christian Ubl aborde la thématique de l’ersatz, qui, tout en désignant une qualité moindre, ramène l’esprit vers l’essence d’une invention. Première pièce de groupe, ErsatZtrip assemble danseurs et non danseurs, sans hiérarchie ni jugement ou interrogation sur leur présence. L’esthétique visée sera plastique et énergétique. Un tissage entre corps, installation plastique, vidéo, musique et voix.
Monaco Dance Forum, décembre 2006