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Festival Faits d’Hiver – Christian Ubl [Bagnolet]

Le fil rouge

Le spectacle – ou la performance – dure 50 minutes, dont dix sont consacrées au déroulement d’un fil rouge en un long réseau arachnéen, maintenu par de fines poulies, formant sur scène une véritable installation. Pendant ce temps, un corps dont on ne voit que le dos se déplace en rampant latéralement, puis en roulant sur lui-même, pivotant toujours autour d’un même axe. Progressivement, ce corps se mettra à quatre pattes, puis debout, rappelant dans son attitude l’homme qui marche filmé par Etienne-Jules Marey au début du cinéma. Parallèlement, des images vidéos de corps nus masculins, à la peau texturée et parcheminée, sont projetées sur le mur du lointain. En contrepoint, la présence du danseur, dense et tangible, est essentielle pour rendre vivant ce dispositif plastique. Le rythme de cette présence s’accélère soudain, esquissant la chorégraphie hypnotique de Lucinda Childs dans Dance (créé en 1979 sur la musique de Philip Glass), sur une musique électronique et dans une intensité lumineuse qui devient aveuglante.
Vêtu, chaussé de baskets, le danseur poursuit sa course et s’arrête brutalement, tandis que l’image vidéo montre un corps dévidoir qui déroule rapidement un fil rouge. L’attention du spectateur, un peu sonné, est alors à nouveau attirée par le fil rouge qui se rembobine, revenant ainsi au point de départ de la performance. Le danseur, lui, a quitté la scène, laissant le spectateur perplexe à la sensation comateuse qui était la sienne pendant toute la durée de cette création très contemporaine, signée par quatre jeunes artistes. Delphine Goater – février 2007

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