Tribune de Genève

«A U» fusionne danse aborigène et valse viennoise

Performance Au Grütli, l’Australienne Kylie Walters et l’Autrichien Christian Ubl partent de leurs pays natals pour créer un espace poétique inédit.

Pour l’une, ce sont les premières lettres d’Australie, pour l’autre la première syllabe d’Autriche. Mais tant pour la chorégraphe Kylie Walters, native de Warrnambool dans l’Etat de Victoria, que pour le danseur viennois Christian Ubl, «la différence est un élément constitutif de l’identité». C’est pourquoi, avec le compositeur Sébastien Martel et le paysagiste Gilles Clément, tous deux français, le tandem entend façonner un «tiers paysage», poétique et polymorphe: AU, créé en octobre dernier à Marseille – et accueilli cette semaine au Grütli. Un espace poétique inédit, où les danses aborigènes délaissées par Kylie Walters et les trois-temps austro-hongrois abandonnés par Christian Ubl se verront moins mixés qu’objets d’une refonte intégrale en amont même du projet. Origines ethniques et origines culturelles forment ici un unique liquide amniotique d’où s’extirpera peut-être un nouvel homme, un nouveau langage, voire une nouvelle nature.

«AU» Th. du Grütli, du 16 au 20 mars, 022 888 44 88, www.grutli.ch (TDG)
Par Katia Berger